L’oïdium tuckeri et l’oïdium de la vigne sont la même maladie
🔎 Oïdium de la vigne : l’essentiel en 60 secondes
Un feutrage blanc grisâtre sur les feuilles, les rameaux et surtout les grappes, qui prennent un aspect cendré avant que les grains n’éclatent.
C’est ce qui le rend sérieux : c’est le seul oïdium du jardin qui attaque le fruit, et pas seulement le feuillage. Les baies fendues ouvrent la porte à la pourriture grise.
La lutte est préventive, au soufre, et la période sensible va de la floraison à la fermeture de la grappe. Traiter après l’éclatement ne répare rien.
Et il porte encore son ancien nom dans les recherches : l’« oïdium tuckeri » est le même champignon, nommé d’après le jardinier anglais qui l’a signalé le premier.
| Ce qu’il faut retenir | L’oïdium de la vigne |
|---|---|
| Son nom actuel | Erysiphe necator, autrefois Uncinula necator |
| Pourquoi « tuckeri » | Du nom du jardinier Tucker, qui le signale en 1847 en Angleterre |
| Ce qu’il attaque | Feuilles, sarments et grappes : tous les organes verts |
| Le symptôme sur grappe | Une poussière grise cendrée, puis des grains qui éclatent |
| La conséquence | Baies fendues → porte d’entrée de la pourriture grise |
| Sa nature | Un parasite externe : son mycélium reste à la surface |
| Sa température | Actif de 4 à 30 °C : au-delà, les spores ne germent plus |
| La période sensible | De la floraison à la fermeture de la grappe |
| Le traitement | Soufre, en préventif, sous 28 °C |
| Où il hiverne | Dans les bourgeons, et sous l’écorce des ceps |
| Les cépages sensibles | Carignan, Chenin, Chardonnay ; Pinot et Grenache le sont moins |
L’oïdium de la vigne est le seul qui attaque le fruit
Sur un rosier ou une courgette, l’oïdium abîme le feuillage et la récolte suit quand même. Sur la vigne, il attaque la grappe elle-même.
Les grains se couvrent d’une poussière grise, leurs cellules meurent, et la peau finit par se fendre. Un grain fendu ne se répare pas, et il devient une porte d’entrée pour la pourriture grise.
| Où il frappe | Ce que ça donne |
|---|---|
| Sur les feuilles | Feutrage blanc grisâtre, crispation, entre-nœuds raccourcis |
| Sur les sarments | Taches diffuses qui gênent l’aoûtement du bois |
| Sur les grappes | Aspect cendré, puis éclatement des grains |
| La perte réelle | Moins de rendement, une maturité retardée, un jus plus acide |
| Le risque en cascade | La pourriture grise s’installe dans les baies fendues |
Pourquoi on l’appelle encore « oïdium tuckeri »
Ce nom revient beaucoup, et il désigne exactement le même champignon que l’oïdium de la vigne : ce n’est pas une autre maladie.
Il vient d’une histoire précise. La maladie apparaît en Europe en 1845, dans des serres à vigne du Kent, en Angleterre. Deux ans plus tard, un jardinier nommé Tucker la signale dans une revue horticole, et l’espèce prend son nom.
Trois noms pour un seul champignon
Oidium tuckeri désigne sa forme asexuée, celle qu’on voit au vignoble. Uncinula necator est l’ancien nom de sa forme sexuée. Erysiphe necator est le nom retenu aujourd’hui.
Le premier reste très employé dans le monde viticole, ce qui explique qu’on le retrouve dans les recherches. Les trois désignent la même chose, et le traitement ne change pas.
Un chiffre dit l’ampleur de son arrivée : les pertes ont dépassé la moitié de la récolte en 1852, avant que le soufre ne soit généralisé. C’est la première des maladies américaines de la vigne, sept ans avant le phylloxéra.
Ce qui le déclenche, et ce qui l’arrête
Comme tous les oïdiums, il n’a pas besoin de pluie. Mieux : une forte averse lessive ses spores et freine la contamination.
Sa particularité est ailleurs : c’est un parasite externe. Son mycélium reste à la surface des tissus et s’y accroche par de petits suçoirs, alors que le mildiou, lui, se développe à l’intérieur de la feuille.
| Ce qui compte | Le détail |
|---|---|
| Sa plage d’activité | De 4 à 30 °C : la canicule le bloque |
| Ce qu’il aime | Temps doux, air confiné, végétation dense |
| Ce qui le gêne | Une pluie battante, qui lessive les spores |
| La durée d’un cycle | De 5 à 32 jours selon la température |
| Le geste cultural n° 1 | L’effeuillage autour des grappes, pour faire circuler l’air |
Quand traiter, et avec quoi
Tout se joue sur le calendrier. La période sensible va de la floraison à la fermeture de la grappe, quand la peau des grains est encore tendre.
Premier passage à cinq ou six feuilles
Sur les cépages sensibles, il prévient les contaminations issues des bourgeons.
Renouveler avant la floraison
C’est le passage qui compte le plus : il protège la grappe avant qu’elle ne soit atteignable.
Couvrir jusqu’à la fermeture de la grappe
Tant que les grains se touchent sans être serrés, ils restent sensibles.
Effeuiller autour des grappes
Geste gratuit et durable : l’air qui circule fait plus que le produit.
Au jardin d’amateur, quelques pieds de treille se gèrent au soufre mouillable, par temps couvert et jamais au-delà de 28 °C. Le reste des principes est dans le guide de l’oïdium.
Le soufre est le seul produit utile ici, et il agit en préventif : sur une grappe déjà cendrée, il limite la progression sans réparer les grains. Le critère à regarder sur l’étiquette est la température limite d’emploi.
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L’empêcher de revenir chaque année
Il hiverne à deux endroits : dans les bourgeons, d’où sortent au printemps des pousses entièrement blanches, et sous l’écorce des ceps.
Ces pousses blanches, que les vignerons appellent des drapeaux, sont à supprimer dès qu’on les voit : chacune est un foyer de contamination pour toute la treille.
Le reste se décide à la plantation. Les cépages ne sont pas égaux : Carignan, Chenin et Chardonnay y sont sensibles, Pinot, Grenache et Syrah beaucoup moins. Pour une treille de jardin, c’est le critère le plus utile après le goût.
- L’oïdium, le guide général — un nom pour des dizaines de champignons
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- Quand arroser son jardin — l’heure et l’endroit comptent
- INRAE — Ephytia — fiche Erysiphe necator sur vigne
- Institut français de la vigne et du vin — symptômes et sensibilité des cépages
- Anses — E-Phy — produits à base de soufre autorisés au jardin
Les questions qu’on se pose
Qu’est-ce que l’oïdium tuckeri ?
C’est l’ancien nom de l’oïdium de la vigne, donné d’après le jardinier anglais Tucker qui l’a signalé en 1847. Le nom retenu aujourd’hui est Erysiphe necator : c’est le même champignon, et le même traitement.
Comment reconnaître l’oïdium sur la vigne ?
À un feutrage blanc grisâtre sur les feuilles et les sarments, et surtout à l’aspect cendré des grappes. Les grains atteints finissent par se fendre.
L’oïdium fait-il éclater les grains de raisin ?
Oui. Le champignon tue les cellules de la peau, qui ne suit plus la croissance du grain et se fend. Ces fentes ouvrent ensuite la voie à la pourriture grise.
Peut-on manger du raisin atteint d’oïdium ?
Les grains intacts se mangent après lavage. Les grains fendus, eux, se retirent : ils fermentent et attirent la pourriture, et donnent un goût désagréable.
Quand traiter la vigne contre l’oïdium ?
En préventif, de cinq ou six feuilles jusqu’à la fermeture de la grappe, le passage d’avant floraison étant le plus important. Traiter après l’éclatement des grains ne répare rien.
Quel produit contre l’oïdium?
Le soufre, en poudrage ou en formulation mouillable, jamais au-delà de 28 °C sous peine de brûler le feuillage. L’effeuillage autour des grappes complète utilement le traitement.
La pluie favorise-t-elle l’oïdium?
Non, au contraire des autres maladies de la vigne. Une averse forte lessive même ses spores. Ce qu’il lui faut, c’est un temps doux et une végétation dense.
Qu’est-ce qu’une pousse « drapeau » ?
Une pousse entièrement blanchie qui sort d’un bourgeon où le champignon a passé l’hiver. Elle contamine le reste de la treille : on la supprime dès qu’on la repère.
Quels cépages résistent le mieux ?
Pinot, Grenache, Syrah, Clairette et Maccabeu comptent parmi les moins sensibles. Carignan, Chenin, Chardonnay, Gamay et Cabernet le sont davantage.
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